"J'ai choisi de vivre heureux parce que c'est bon pour la santé."

Voltaire


"Le plus fort n'est pas celui qui arrive le premier ; c'est celui qui profite le plus de ce qu'il fait."

Kilian Jornet



10 août 2016

Carnet noir

Samedi 12 juillet 1987.
Le Championnat des Pyrénées (telle était la dénomination, à l'époque) sur piste a lieu à Foix. J'ai fait le meilleur temps des séries de poursuite le matin et je suis en train de manger ma salade de riz, histoire de refaire des réserves pour la finale de l'après-midi.
Un senior vient me voir. Beau poulet ! Des cuisses plus grosses que les miennes, une bonne dizaine de kilos de muscle en plus (pour la même taille...), ça ferait presque peur. Il me dit: "Tu as fait un truc ce matin, c'est bien !". Je le connais pas. Lui non plus, visiblement. En même temps, je ne connais pas encore beaucoup de monde sur la piste, c'est ma première année.
Je le remercie et le regarde partir. Quelques minutes après, mon pote Pascal s'approche et me dit: "Ce gars là, c'est Hugues Devillers. Et pour qu'il vienne te féliciter, c'est que tu l'as vraiment impressionné..."

Je regarde un peu les épreuves auxquelles il participe et franchement, toute cette puissance, ça fout la trouille ! Hugues est un gros moteur. Très gros moteur. 30 pulsations par minute, ça vous parle ?

Ce jour là marque le début d'une formidable amitié et d'un respect réciproque avec ce grand frère que je n'ai pas.
Peu de temps après, il me surnomme E.T. ! Tout ça parce que les casques que fabrique mon père, me font le crâne tout lisse.
Lors d'une réunion sur piste, il me conseille vivement de cirer mes chaussures de vélo. "Tu ne peux pas aller au Championnat de France avec ça aux pieds !" C'est la dernière fois que je ne les fais pas briller.

Des anecdotes, j'en ai plein.
Et notamment, celle d'un autre championnat régional, où cette fois-ci, nous sommes en finale l'un contre l'autre. On nous appelle sur la ligne mais au dernier moment, les commissaires s'aperçoivent que nous ne sommes pas du bon côté. Plutôt que de faire un demi-tour chacun et d'intervertir nos positions, nous traversons la piste à pied et nous faisons un bisou en passant. Mémorable.
Même si j'avais pris l'ascendant sur lui à 500m de l'arrivée, il viendra me coiffer de quelques centièmes sur la ligne. Peu importe, ça reste un de mes plus beaux podiums. 


L'année suivante, lors d'une nocturne sur piste à Viviez contre quelques pros, nous sommes associés lors de la seule course à l'américaine de ma "carrière". Mes bras s'en souviennent encore et je pense que ce soir là, ils ont rallongé de quelques centimètres.

Quelques années plus tard, lors d'un contre-la-montre en côte à Villefranche de Rouergue, Hugues me suit en voiture. Le pourcentage de la bosse est trop dur pour moi, je monte comme je peux. Hugues a pitié et décide de me pousser un peu pour m'aider... Il se met à côté de moi, tend le bras par la fenêtre de la voiture mais me pousse trop fort et me balance au fossé. J'en rigole tellement que j'ai du mal à repartir.

Nous ne nous voyons pas autant que nous le souhaitons mais la vie est ainsi faite. Les vrais amis, c'est comme ça. Quoiqu'il arrive, on sait que.

En 2012, il vient nous accompagner en moto quelques étapes lors de la traversée des Pyrénées. Sa fille Candice et Elka, sa petite chienne font aussi partie du voyage...

Près de 30 ans d'amitié sincère, ça compte tant. On n'a pas vraiment fait beaucoup de conneries ensemble mais on a quand même franchement rigolé.

Hier, au milieu de ses vignes, on a retrouvé Hugues, inanimé. Trop tard.

Je ne me rends pas encore forcément compte que tu es parti. C'est trop tôt.
Cette échappée n'est pas la bonne même si je vais faire mon maximum pour que ça ne rentre pas tout de suite.

Avec un cœur aussi gros que grand, tu laisses beaucoup de gens tristes aujourd'hui.

Ciao copain, bonne route !

P.S.: Pour sa dernière participation, Cancellara est devenu champion olympique du CLM, aujourd'hui. Dommage, ça ne suffit pas à me remettre du baume au cœur.

04 juillet 2016

Un mois déjà...

Ça fait déjà un mois que je suis rentré de Porto. Déjà.

Le retour à la vie "normale" n'a pas été simple. Les grands espaces espagnols ont laissé place aux bouchons quotidiens. Pour ceux qui choisissent la voiture... Les pauvres !


Nous sommes arrivés à Porto le vendredi en fin de journée. Visite le samedi et retour les deux jours suivants, je ne suis remonté sur le vélo "que" le mardi. Et là, arrogance musculaire, je ne sens pas les pédales. Ça avance tout seul, vif comme la bise...

Mes records perso sur Strava tombent partout où je (re)passe. Grisant.

Le dimanche suivant, nous allons faire un tour à la rando VTT de La Salvetat Saint Gilles. Avec Véro et Franck, tous les 2 électrisés, on frise les 20km/h de moyenne sur les 45km du circuit...
 
Graine de champion ou pas, le plaisir a l'air entier...

Une semaine plus tard, c'est du côté de Villegly, près de Carcassonne, que nous allons poser nos crampons.
Il a plu toute la nuit et les premiers à partir vont en ch... 
Le terrain est glissant. Pierres lisses, boue, tout y est. Mais le vent va sécher tout ça assez rapidement et nous n'avons que quelques passages délicats. Cool.


On roule donc au pied du Pic de Nore que l'on ne verra jamais, perdu dans les nuages, la pluie et le froid.

D'ailleurs, Vélo Vert ne se trompe pas en rédigeant son article et, à l'arrivée, photographie, une vététiste qui, visiblement, prend du plaisir dans sa pratique dominicale...

Et la bouteille n'est pas encore débouchée...

Entre chaque rando (et même pendant...), je profite des bienfaits de ma balade hispanique pour écumer la région toulousaine.

"Mon" canal va bien. En même temps, j'en prends des nouvelles régulièrement...


L'été semble vouloir arriver.
Du coup, je peux enfin ressortir la tenue "officielle" du raid, même en allant au boulot.



Et là, lors de la rando VTT de Lagrâce Dieu, en prenant de l'élan pour sortir le VTT de Véro d'un profond fossé, c'est le drame.
La douleur est violente, sans équivoque. L'échographie confirme une déchirure. Pas glop.

Mon kiné me pose alors 2 jolis straps, histoire de bien drainer l'hématome. 
En revanche, il est formel : il faudra plusieurs semaines pour s'en remettre. Pour autant, il m'autorise à reprendre doucement le vélo au bout d'une semaine (aujourd'hui, donc).

Histoire de bien lui obéir et de m'en remettre le plus vite possible, j'ai emprunté le vélo de mon boss. Un peu grand mais tant pis.

 
Il s'agit d'un Haibike avec une assistance électrique. En revanche, la version route a une particularité non négligeable, il est "bridé" à 45km/h (contrairement au VTT, limité à 25). Rien que ça. Un des avantages, c'est que le moteur fait 350 watts (un peu moins que moi, c'est vrai...) et qu'à un effort équivalent à celui qui me fait rouler à 23km/h, je roule 10 à 12km/h plus vite. C'est bon, ça !


Toujours est-il que ce matin, j'ai fait ma petite sortie de 103km à 32 de moyenne. Et ça, ça fait du bien à la tête, et même pas mal au mollet. What else ?

Allez, je prends mon mal en patience, histoire d'être en pleine forme pour les vacances d'août...

16 juin 2016

San Sebastian - Porto, le raid.

Seul, on va plus vite.
A plusieurs, on va plus loin...

Telle pourrait être la devise de ce défi 2016. Un défi fait en équipe, histoire de se soutenir, de se motiver, de s'amuser jusqu'au bout.

Je retrouve donc le reste de la troupe le vendredi soir à San Sebastian, au Pays Basque espagnol. Suite aux grèves des trains, David est parti, à vélo, de Lyon, le mardi pour récupérer les Twix (le nouveau nom de Raider...) à Bordeaux le jeudi.
Ils ont donc parcouru Bordeaux - San Sebastian en 2 étapes et leur hôtel, notre point de ralliement, se situe en haut d'une longue côte avec de forts pourcentages. Ils y sont arrivés de nuit, sous la pluie et dans le brouillard. Sur ce coup, je suis plutôt content d'être monté en camping-car...

Lors de ces retrouvailles, je fais la connaissance de Pascal, qui, comme moi, est un nouveau venu dans l'équipe. Abdel, Bruno, David, Gilles et Vincent ayant déjà parcouru Paris - Malaga ensemble en 2015.
Pascal me demande alors de lui apporter un des sacs qu'il m'a envoyé quelques temps avant. De ce sac, il sort de magnifiques maillots et soquettes, aux couleurs du raid. Génial. Merci !

Pour le clin d’œil, il faut savoir que le maillot blanc à pois bleus, est le maillot distinctif qui récompense le meilleur grimpeur du Tour d'Espagne et que David a remporté 4 fois.

1ère étape
San Sebastian - Sobron
174km - 2756m D+


L'humidité de la veille a amené pas mal de brume sur le Golfe de Gascogne. Aussi, il faudra quelques kilomètres avant que l'on puisse apercevoir l'Océan Atlantique. Au bout de 5km, le soleil perce enfin. Pascal aussi...


On longe alors la côté jusqu'à Gétaria.
On fait déjà les sprints aux panneaux à l'entrée des villages et des villes, le ton est donné. A ce jeu, je profite un peu d'en être qu'à ma première étape pour en prendre quelques uns.

Dans toute étape, il est aussi très important de s'imposer des moments de récupération. Certains s'en balancent, pas moi.


On s'arrête dans la ville d'Azpeitia. Abdel a des soucis au niveau du dérailleur arrière. J'ai beau être en vacances, je rentre quand même dans le magasin. Petit mais bien fourni. 


Abdel verra la main d’œuvre de la réparation offerte, en échange d'une photo du patron du magasin avec David... 

On attaque alors la première vraie difficulté de la journée, une dizaine de kilomètres qui nous font monter jusqu'à 680m (pas très haut en soi mais quand on part du niveau de la mer, c'est déjà sympa...).
David monte avec moi (et le fera toutes les fois où il ne voudra pas trop forcer...).

 
En haut, les filles nous attendent pour la pause ravito.


On s'habille (l'air est humide et frais), on mange et on repart assez rapidement.
Le ciel est plus que menaçant. On s'arrête pour mettre tout ce que l'on a d'étanche. Malgré ça, on s'arrête plus loin sous un bord de toit, histoire de laisser tomber le plus gros (mais non, pas moi...) de l'averse.


On repart sur la route mouillée et sous un ciel très bas. 


On comprend pourquoi c'est aussi vert le Pays Basque...

A la sortie d'un petit village, David nous fait prendre un chemin de traverse. Aventure, quand tu nous tiens !
Mon vélo de cyclo-cross s'en sort comme un chef.

On reprendra une petite averse sur la fin et j'ai une pensée pour Elian, mon collègue, qui m'a dit avant de partir : "Prends le CAADX, il est fait pour aller au bout du monde... Et il te laisse les fesses et les pieds au sec." Merci, copain pour le conseil et les réglages aux petits oignons !

On aura quand même droit à un rayon de soleil dans l’œil sur la fin.


Nous arrivons à Sobron, et Gilles me devance au panneau final.

De gauche à droite : Abdel, David, moi, Gilles, Vincent, Bruno et Pascal

2ème étape
Sobron - Aguilar de Campoo
169km - 2109m D+


Une fois encore, le peu de vent qui souffle est de face. L'étape ne s'annonce pas si difficile mais les faux plats et les côtes qui s'enchainent finiront par nous râper davantage.




Nous arrivons rapidement à Frias, un magnifique village perché sur un éperon rocheux.


C'est la pause café. J'y croise une Allemande qui roule aussi en Cannondale mais elle, est partie de Granada (sud de l'Espagne) et rentre en Allemagne, en 6 semaines...


Après Frias, la route monte plus sérieusement. On se retrouve sur un plateau, toujours le vent de face.


On descend puis on remonte plus longuement pour atteindre les 1000 mètres d'altitude. Il ne fait pas forcément très chaud.
Je tente une échappée en m'enfuyant sur l'ancienne route, parallèle à la nouvelle. Rien n'y fera.


On plonge dans la vallée par une descente rapide, pleine d'épingles. Un régal.



Les filles nous retrouvent à Orbaneja del Castillo et sa magnifique cascade.


Nous sommes dans la Vallée de l'Ebre, le plus long fleuve d'Espagne avec ses 930km.
Nous le longeons pendant près de 50km avant de remonter sur un plateau à plus de 900m, qui ressemble, à s'y méprendre au Larzac et me rappelle l'année 1991 pendant laquelle, habillé en kaki, j'ai séjourné quelques mois.

Nous nous arrêtons à Aguilar de Campoo, 30km plus tôt que prévu, la pluie battante des derniers kilomètres ayant raison de nous.



3ème étape
Aguilar de Campoo - Lastres
201km - 1911m D+

Le vent n'a toujours pas tourné. Il fait frais, voire froid. Pour autant, Vincent, en bon gars du nord, roule toujours les jambes à l'air.


Pendant 120km, nous resterons à plus de 1000m, au cœur des Asturies.

L'assistance nous rattrape et nous double juste avant Riano, pour la pause pique-nique.

Le vent est froid et les averses s'accentuent. On se met à l'abri.


Le décor et le climat sont norvégiens. On en prend plein les yeux.



On passe le Puerto El Ponton à 1280m et quittons les 1000 mètres (adieu "les 1000", on t'aimait bien...) rapidement, via le Desfiladero de los Beyos, des gorges étroites et sinueuses dans lesquelles nous allons nous faire tremper par un déluge.


A Cangas de Onis, le soleil brille, comme si de rien n'était. Dans un sprint endiablé, j'aligne, au métier, David et Vincent. Sans rancune.

Nous nous dirigeons vers le bord de mer et pourtant, entre Cangas et Lastres, se dresse un "talus" de 10km qui, après 180km, pique un peu. Le plafond est bas mais entre les nuages qui s'écartent parfois, le soleil illumine une verdure irréelle.


L'arrivée se fait donc à Lastres, et nous retrouvons l'Océan Atlantique, quitté il y a 2 jours.
La fatigue se fait sentir mais le repas du soir, à base de Super Bock et de pizzas géantes, est salvateur.



4ème étape
Lastres - San Emiliano
142km - 3048m D+

L'étape est courte. La plus courte depuis le départ. En revanche, on part du niveau de la mer pour monter à plus de 1500m à quelques kilomètres de l'arrivée. Pas besoin d'être doué en courbes de niveau pour comprendre que ça va être compliqué.

Malgré quelques nuages menaçants au loin, la météo est plus sympa que les jours précédents et le restera toute la journée. Ouf !
Du coup, n'ayant plus à transporter mon imperméable, mes sur-chaussures étanches et mes jambières, je charge la sacoche avant, en mets un peu plus dans mes poches de maillot et j'enlève le porte-bagage. Ce n'est pas le poids qu'il représente mais quand on se met en danseuse, le vélo a un comportement bien plus dynamique sans.




A Pola de Siero, après une traversée de village pavée, c'est la pause café.
Jusque là, faux-plats et ascensions douces se sont alternés. Et bien évidemment, le vent est toujours présent; et de face. 



On quitte les "grandes" routes pour s'attaquer à du réseau secondaire, plus bucolique où, parfois, les pourcentages obligent à mettre le plus petit développement. Au delà de 15%, ça pique !


A passer sur des routes étroites, on va même prendre pas mal de pistes cyclables. Bien goudronnées au début, ça se complique un peu après...



  

Et ce n'est pas parce que la piste est cyclable qu'elle est plate... J'en pince tellement pour ce chemin que j'en crève.


Après une descente vertigineuse où j'atteins les 87km/h, le camping-car nous retrouve pour la pause.

Après ça, la vallée est étroite. La route est en contre-bas. Du coup, notre piste passe dans de nombreux tunnels.
Cerise sur le gâteau, dans les tunnels les plus longs, la lumière s'allume à notre arrivée ! C'est fou !

Au bout d'une centaine de kilomètres, nous attaquons le plat de résistance du menu du jour. 
Contrairement au village traversé, nous sommes toujours en Espagne.


La route s'élève de plus en plus. Les groupes se forment naturellement, par niveau.
Abdel, Gilles et Vincent partent devant. Je me retrouve seul, accompagné de temps en temps par David qui s'arrête régulièrement prendre des photos. Pascal accompagne Bruno, dans le dur.




Au fur et à mesure de l'ascension, la température baisse. Bien trempé de transpiration, il m'arrive même d'avoir froid dans les parties à l'ombre.


Le camping-car nous double et nous attend au sommet. Trop de confort, quand tu nous tiens ! 
Le Puerto de Ventana (leur Ventoux ?) culmine à 1587m. 


Il y a encore de la neige à une centaine de mètres de là. Le vent est froid mais sur le versant sud, le ciel est bleu. Ça donne envie de plonger. Juste avant, je rentre dans le camping-car et enlève tout ce qui est mouillé. Je remets des affaires sèches, les jambières, la casquette et l'imperméable. Et je fonce dans la descente où je rattrape David et Abdel.



En Espagne, en règle générale, les automobilistes respectent les cyclistes en leur laissant souvent plus d'1m50. Ça fait rêver et ça le fera encore plus quand on arrivera au Portugal...


Nous arrivons à San Emiliano et là, le plus impressionnant, c'est le nombre de cigognes sur le toit des maisons. Il y en a partout. Impressionnant. On est à plus de 1000m mais elles ont l'air de s'y plaire.
Nous aussi.


5ème étape
San Emiliano - A Pobra de Trives
190km - 2156m D+

Sur le papier, l'étape semble simple. On part de 1150m et ça a l'air de descendre en permanence.
Au réveil, il fait 0°. Ça se réchauffe "vite", et il fait 4° au départ.


On est au milieu de grands espaces et c'est formidable. Ca ne ressemble à rien et c'est beau comme tout. On monte quand même pendant plus de 15km et ça permet de se réchauffer doucement.


I am the king of the world ! 
On descend par une grande route jusqu'à Palacio de Sil puis on bifurque sur la gauche, sur une petite route sympathique.





Chose pratique et non négligeable, ce côté de l'Espagne est truffé de sources et autres fontaines d'eau potable.  



Ensuite, on longe un barrage sur près de 15km. Petite route peu entretenue mais au charme fou.





Même David a ses moments de faiblesse mais heureusement, Gilles est là...


Le camping-car nous intercepte à Ponferrada, ville où on eut lieu les Championnats du Monde en 2014 et avaient vu la victoire de Michal Kwiatowski. Nous empruntons une partie du circuit, dont la dernière côte, bien raide.
Dans mon canapé, ça m'avait semblé plus facile...





La troupe commence à être usée. D'un commun accord, on raccourcit l'étape de 25km. Bien évidemment, les 2 dernières côtes, 7 et 10km et même si les pourcentages restent raisonnables, laissent des traces et malgré tous mes efforts, Vincent ne me laisse pas de chances à l'ultime pancarte du jour. Plus de respect pour les vieux.




6ème étape
A Pobra de Trives - Gères (Portugal)
164km - 2576m D+


Ce soir, si tout va bien, nous dormons au Portugal.
Pourtant, dès le départ, rien n'est gagné. Hier, nous avons un peu modifié notre route et dès le matin, on cherche un raccourci qu'on ne trouvera jamais. Le syndrome de David Vincent...
On rencontre quelques chiens sympathiques qui n'aboient pas et ne pensent qu'à jouer. Les chiens d'ici pourraient prendre exemple.


C'est la première fois depuis le départ que je trouve les paysages monotones.
Pour ceux qui connaissent, j'ai l'impression de rouler sur une route du Causse entre Gramat et Rocamadour.
Ensuite, ça ressemble un peu au Nord Aveyron. Pas moche, loin de là, mais une impression de déjà vu.


L'assistance technique nous rattrape une nouvelle fois et Bruno, en vieux briscard, profite de l'occasion.


La pause pique-nique se fait à l'ombre car aujourd'hui, il fait chaud; et c'est bien.
On repart avant les filles mais elles nous doublent peu de temps après.
Elles pensent avoir assez d'avance pour faire une pause bain de soleil méritée mais nous arrivons avant qu'elles n'aient le temps de s'allonger.


Bruno et moi en profitons. Et contrairement à une loi de Dame Nature, ce n'est pas le mien qui s'affaisse...

L'avant dernière montée d'une dizaine de kilomètres, nous amène vers la frontière.
"Profitant" d'une crevaison de Vincent, Bruno et moi prenons de l'avance.
On monte en discutant. Ça passe mieux et plus "vite".
Nous nous arrêtons avant l'ancien poste de douane, à l'abandon depuis l'ouverture de l'Europe.


Nous attendons les copains pour la photo officielle.


Dès que l'on passe la frontière, le paysage est bien différent. La route est étroite, bien abimée, mais la végétation y est dense (sans les loups).


On redescend un peu puis on remonte 4km avant de se lancer dans l'ultime descente de la journée.
13km de route sinueuse à souhait où on se régale en trajectoires précises.


Nous arrivons alors à Gères, au bord d'un lac magnifique.

L'hôtel des garçons possède une piscine mais la journée chaude n'arrive pas à me mettre à l'eau. Contrairement à Gilles qui lui, plongera tout habillé, avec son casque...


Le seul restaurant ouvert voit sa consommation annuelle de frites, doubler en moins de 2 heures... 


7ème et dernière étape
Gères - Porto
125km - 1397m D+



 

Cette ultime étape peut sembler facile. D'une part, c'est la plus courte et d'autre part, quand on sent l'écurie...
Malgré un profil descendant, le réseau routier secondaire portugais nous apporte quelques surprises.
Des "patates" à forts pourcentages mais aussi et surtout, des pavés "en veux-tu pas, en voilà quand même". 25km environ...



Et quand les raidars s'additionnent aux pavés, ça finit par user.
Sur le coup, je suis assez content de mon "33x32". C'est très petit comme développement (près d'un tour de roue pour un tour de pédale...) mais je m'étais dit qu'avec la fatigue, ça pourrait toujours servir. Bonne réponse !


Nous finissons enfin par arriver à l'océan.
Le port industriel n'est certainement pas la plus belle arrivée sur Porto. Heureusement, les plages sont belles et on s'y attarde. Pour profiter plus longtemps. Un peu comme le Petit Prince de Saint Exupéry qui, après la traversée du désert, ralentit en voyant la fontaine...


Nous doublons alors un cyclo-touriste confirmant notre destination...



 Photo de famille sur le front de mer.
 

A la fin des plages, nous obliquons vers la gauche et longeons le Douro, le fleuve qui a fait la richesse de Porto, apportant à la ville, les ingrédients nécessaires à l'élaboration du vin éponyme.
 

Nous posons une dernière fois, devant le pont, édifié par notre Gustave Eiffel national, symbole de la ville.

Lors de cette épopée, j'ai retenu quelques mots cités. Les voici, en vrac :

- Là, un ours !
- Muchas Muchas patatas fritas !
- On pourrait jouer à cache cache.
- C'est un raccourci...
- J’accélère quand je veux mais pas maintenant.
- Non mais ça va bien...
- On va tous mourir dans d'atroces souffrances.

- Et les housses ?
- Trop de confort
- Et pas de chamois gars.
- C'est trop beau !
- Une autruche !
- On n'est pas bien, là ?
- Le programme du jour, c'est toujours hors taxes.
- Il est là...
- Yellow submarine
#lafamille
#povcon
#bâtard
- Bisous les filles
- Tu veux un Haribo ? - C'est joli, la Norvège.
- C'est vent de face, non ?
- Super Bock 

- Portouuugaaaal !
- Tu prends trop la confiance...
- Pasteis de nata
- S'il voooo pléeeee!


Magnifique aventure qui, pour autant, ne s’achèvera pas tant que nous continuerons d'y penser.
N'ayant pas des congés illimités, je ne suis pas sûr de pouvoir m'élancer dans la même aventure chaque année. Va falloir chercher des sponsors...

Remerciements sincères :

Ces 1187km et 15953m de dénivelé positif (le même dénivelé que sur la Traversée des Pyrénées...) n'auraient, bien évidemment, pas pu être réalisés sans l'aide incommensurable de Véro qui, au quotidien, me donne tous les ingrédients pour assouvir ma passion dévorante. Je ne la remercierai jamais assez.
Merci également à Sophie, la copilote, qui est venue l'accompagner dans cette assistance dévouée.
Merci à mes parents pour, une fois de plus, le prêt du camping-car.

Merci à David d'avoir tracé ce splendide parcours. On n'a jamais eu à chercher notre route, sauf les fois où nous avons décidé de nous écarter du droit chemin. 

Merci à toute la troupe de m'avoir supporté plus d'une semaine. Chose tellement peu simple que même moi, j'ai du mal...

Merci à Monzon de Mavic pour m'avoir fait découvrir le cuissard Ksyrium Pro au confort inégalable. Annoncé comme idéal pour les longues distances, je peux maintenant en parler de façon convaincue. Mon seul regret est d'en n'avoir pris qu'un...

Merci à Matthieu de Meltonic pour son soutien diététique. Moi qui adore le miel, j'ai vraiment apprécié ce goût sucré qui sait apporter le petit plus qui fait la différence lors des moments les plus difficiles.

Merci à Guillaume de Matos Vélo pour le prêt des batteries externes qui ont permis à mon GPS et à mon mobile d'avoir suffisamment d'autonomie sur ces longues journées.